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Au-delà de la notation de crédit : un cadre décisionnel pour des prêts rentables
La plupart des prêteurs s'appuient sur la notation des dossiers pour évaluer le risque de défaut des demandeurs lorsqu'ils prennent leurs décisions d'octroi de crédit. L'outil clé dont dispose un prêteur est le modèle de probabilité de défaut (PD), qui guide la gestion du risque de crédit. Afin de réduire les taux de défaillance des prêts à risque et d'augmenter le nombre d'approbations des prêts solvables, les prêteurs investissent massivement dans l'amélioration continue de ces modèles PD afin d'évaluer le risque de défaut avec une plus grande précision.
Une stratégie couramment utilisée par les prêteurs pour optimiser leur rentabilité consiste à s'appuyer sur les cotes de crédit afin de comparer les revenus d'intérêts potentiels des prêts aux pertes de crédit attendues. Cette approche présente toutefois des limites, car elle se fonde exclusivement sur la probabilité de défaut comme principal facteur déterminant, négligeant ainsi d'autres éléments essentiels.
Si les modèles de PD jouent un rôle essentiel dans la réduction des pertes et la croissance des portefeuilles, ils ne sont pas conçus pour prédire ce que les prêteurs recherchent réellement. Les scores de crédit ne représentent qu’une fraction d’un cadre plus large auquel les prêteurs ont recours pour atteindre leur objectif : mettre en place une activité de crédit solide et à haut rendement. À mesure qu’une nouvelle donne s’impose, les prêteurs adoptent de plus en plus une approche holistique de la prise de décision, qui va au-delà de la simple notation de crédit.
Présentation : le cadre de référence de la VAN
Alors que la majorité des prêteurs continuent de s'appuyer sur des modèles de probabilité de défaut (PD) pour évaluer le risque de défaut des demandeurs et prendre leurs décisions, de nombreux prêteurs avant-gardistes ont adopté une approche axée sur la valeur actuelle nette (VAN) dans leurs processus décisionnels. Dans ce cadre, chaque prêt est considéré comme une décision d'investissement, ce qui permet aux prêteurs de suivre de près la rentabilité unitaire des prêts et de garantir leur rentabilité tout au long des cycles économiques.
On peut exprimer la VAN d'un prêt à l'aide de la formule suivante :
Valeur actuelle nette (VAN) du prêt = Montant du prêt ($) × Taux d'intérêt (%) - Coût du risque (%) - CAC ($)
Le prix, le coût du risque (PD ou perte nette sur crédit) et le CAC peuvent être considérés comme des leviers clés pour déterminer les seuils optimaux en matière de décisions de crédit. Cette formule générique peut également inclure d’autres éléments (par exemple, le coût du capital et les taux de conversion des canaux), mais dans la plupart des cas, ces trois leviers suffisent à trouver un équilibre entre croissance et rentabilité.
Par exemple, pour accélérer la croissance de leur portefeuille, les prêteurs peuvent proposer le taux annuel effectif global (TAEG) le plus bas possible en fonction de la capacité financière et de la sensibilité au prix du client. Par ailleurs, pour accroître leur rentabilité, les prêteurs peuvent agir de manière stratégique sur les leviers que sont le prix et le coût du risque afin de compenser le coût d'acquisition client (CAC). Un contrôle précis de la valeur actuelle nette (VAN) d'un prêt permet ainsi de trouver un équilibre entre les objectifs de croissance et de maximisation des bénéfices.
Grâce à l'approche de la VAN, les prêteurs peuvent concrétiser leurs objectifs d'acquisition de clients rentables (par exemple, en utilisant une VAN calculée sur six mois de comportement) et se concentrer sur l'augmentation de la valeur vie client par le biais de ventes croisées et de l'engagement client. De plus, les prêteurs peuvent appliquer un taux d'actualisation spécifique aux nouvelles affaires (également appelé « taux de seuil »), ce qui permet aux investisseurs d'intégrer leurs attentes en matière de rendement des capitaux propres (RoE) dans leurs stratégies de prêt.
1re partie : L'innovation en matière de tarification
Si l’on examine de plus près la notion de VAN (valeur actuelle nette), la tarification est l’un des leviers sur lesquels les prêteurs s’efforcent d’agir en priorité lorsqu’ils cherchent à optimiser leur rentabilité. Dans le contexte du crédit à la consommation, le prix d’un produit correspond au taux d’intérêt appliqué pour l’utilisation des fonds du prêteur. Il est essentiel d’aligner l’appétit pour le risque, c’est-à-dire le niveau de risque de crédit qu’un prêteur est prêt à assumer, sur le modèle de tarification afin de maintenir une stratégie de crédit saine et durable.
Le cadre de tarification fondée sur le risque (RBP) est un outil traditionnel utilisé pour fixer le prix des produits de crédit. Le principe de la RBP est simple : les clients présentant un risque plus élevé paient davantage afin de compenser ce risque. Cependant, le problème réside dans le fait qu’une approche simple fondée sur le risque ne tient pas compte d’autres aspects du comportement des clients, tels que le taux d’adhésion (c’est-à-dire le taux auquel les clients acceptent les conditions de crédit proposées sur un marché concurrentiel). Négliger ces autres aspects peut entraîner une perte d’opportunités d’attirer des clients à faible risque qui, bien que sensibles aux tarifs, pourraient contribuer positivement aux rendements du portefeuille.
Prendre conscience des défis posés par les approches traditionnelles en matière de tarification permet de mieux comprendre comment les nouveaux acteurs, tels que les FinTech et les néobanques, parviennent à surmonter ces complexités.
Pourquoi la tarification est essentielle lorsqu'on réfléchit à la rentabilité
Il est essentiel de comprendre l’importance du levier tarifaire, en particulier dans le contexte des nouveaux acteurs du secteur du crédit, notamment les FinTech et les néobanques. Si ces nouveaux venus peuvent, dans un premier temps, privilégier la croissance et les parts de marché, à l’image des stratégies qui ont fait leurs preuves dans les secteurs de la technologie et du commerce électronique, les services financiers constituent un domaine à part. Dans ce contexte, la croissance ne se traduit pas automatiquement par des bénéfices ; au contraire, le succès repose sur la capacité à aligner habilement l’adéquation produit-marché avec une stratégie de tarification. Il est donc primordial de concevoir des produits de crédit à des prix compétitifs plutôt que de se contenter de miser sur la capacité à bouleverser la finance traditionnelle et à révolutionner le parcours client.
Le processus de tarification des prêts ne se déroule pas en vase clos, mais repose plutôt sur une boucle de rétroaction dynamique dans laquelle le marché influence la manière dont ces prix sont ajustés et mis à jour, afin que les prêteurs puissent rester compétitifs.
Si, pour la plupart des produits de crédit à la consommation (à l'exception des cartes de crédit), les clients présentant un profil de risque plus élevé se montrent moins sensibles aux prix que ceux dont le profil de risque est moindre, ces tendances ne sont pas immuables. Les segments de clientèle évoluent en permanence, sous l'effet des changements démographiques, des fluctuations économiques et de l'évolution des préférences des consommateurs. Par exemple, à mesure que les jeunes générations réorientent leurs priorités financières ou augmentent leur épargne, leur sensibilité aux variations de prix peut s'en trouver modifiée.
En adaptant de manière stratégique leurs offres de produits et leurs modèles tarifaires afin de répondre aux besoins en constante évolution des différents segments de clientèle, les prêteurs renforcent non seulement leur rentabilité tout au long du cycle économique, mais favorisent également la croissance et la diversité de leur clientèle. Cette approche permet aux particuliers de tirer parti d’une gamme plus large de produits de crédit pour réaliser leurs projets, qu’il s’agisse d’acheter un logement, de financer des études, de développer une entreprise ou de surmonter des difficultés financières imprévues.
Les stratégies de tarification se déclinent sous toutes les formes et dans toutes les tailles
Pour mettre en œuvre efficacement leurs stratégies de tarification, les prêteurs peuvent recourir à divers outils étroitement liés aux modèles de valeur actuelle nette (VAN) :
- Tarification en temps réel : cette approche utilise des algorithmes d’apprentissage automatique pour analyser les conditions actuelles du marché, les projections des taux d’intérêt des banques centrales, les tendances macroéconomiques, les comportements des clients et les évaluations des risques. En intégrant ces facteurs, les prêteurs peuvent ajuster leurs tarifs en temps réel afin de rester compétitifs et d’améliorer leur rentabilité. De plus, en alignant leurs stratégies tarifaires sur les indicateurs macroéconomiques, les prêteurs peuvent mettre en place des marges de sécurité permettant d’anticiper les évolutions futures du marché, garantissant ainsi une génération de volume plus stratégique.
- Tarification par segment grâce à de nouvelles sources de données : en collectant, en validant et en analysant des données exhaustives sur la situation financière des demandeurs, les prêteurs peuvent affiner leurs modèles de tarification avec une plus grande précision. Prenons l’exemple des données de flux de trésorerie, qui prennent en compte à la fois les entrées et les sorties de fonds. Ce type de données offre une vision plus détaillée des comportements financiers des consommateurs et des petites entreprises par rapport aux scores de crédit traditionnels. Il permet de mieux détecter les évolutions de la situation financière d’un demandeur, ce qui se traduit par des décisions de tarification plus nuancées et plus opportunes.
- Conception innovante des produits : en mettant au point des structures de produits originales, telles que des offres groupées stratégiques ou des modèles de tarification à plusieurs niveaux, les prêteurs peuvent se démarquer sur le marché et séduire un public plus large. Cette approche permet d’aligner la tarification sur la valeur perçue du produit et les préférences spécifiques des clients, ce qui renforce à la fois l’attrait et la fidélisation.
- Approche « tester et apprendre » face aux retours d'expérience des utilisateurs : en engageant un dialogue actif avec leurs clients et en mettant en place des cycles de « tester et apprendre » en matière de tarification au sein de leurs cadres de gestion des risques, les prêteurs peuvent adapter avec agilité leurs stratégies en fonction des retours d'expérience réels des clients. Cette méthodologie itérative permet de trouver le juste équilibre entre la satisfaction des clients et la rentabilité financière.
En intégrant ces applications à leurs stratégies tarifaires, les prêteurs peuvent renforcer leur capacité à s'adapter à un environnement concurrentiel, aligner leurs tarifs sur les attentes des clients et atteindre une rentabilité durable à long terme.
2e partie : Innovation en matière de coût d'acquisition client (CAC)
Ces dernières années, les dépenses liées à l'acquisition de clients en ligne ont fortement augmenté, sous l'effet de la hausse des taux de fraude et de la saturation du marché dans le secteur du crédit en ligne. Ce contexte offre toutefois aux prêteurs l'occasion de réduire de manière stratégique leurs coûts d'acquisition de clients (CAC) tout en conservant une rentabilité stable.
En affinant leurs critères de décision et en privilégiant la valeur potentielle à long terme d'un client plutôt que les coûts initiaux liés à son acquisition, les prêteurs ouvrent la voie à de nouvelles perspectives en matière de pratiques de crédit rentables.
Le rôle essentiel que le CAC peut jouer dans la rentabilité
L'importance du levier CAC va au-delà de la rentabilité immédiate ; il s'agit d'un moteur essentiel de la croissance durable grâce à une gestion stratégique des coûts et à la vente croisée.
Pour les acteurs émergents et de niche sur le marché du crédit, en particulier ceux confrontés à un afflux de nouveaux clients dont le solde initial est inférieur à 1 000 dollars — un scénario courant parmi la clientèle des néobanques —, l’optimisation du CAC est primordiale. Se reposer uniquement sur la rentabilité des transactions liées à l’utilisation des cartes de débit ne permet pas d’obtenir des marges bénéficiaires suffisantes, ce qui rend nécessaire la vente croisée de produits supplémentaires, notamment liés au crédit, pour assurer la viabilité financière.
Ces défis, lorsqu'ils sont considérés comme des occasions d'affiner les perspectives des CAC, permettent à ces entités de nouer des relations durables et de se forger une position distincte sur le marché.
L'une des clés pour maîtriser l'optimisation des stratégies de crédit basées sur le CAC réside dans l'évaluation précise de la valeur actuelle de l'acquisition de clients et dans l'élaboration de stratégies fondées sur les données afin d'exploiter efficacement ce levier stratégique. Cela permet non seulement d'affiner les efforts d'optimisation du CAC, mais aussi d'ouvrir la voie à des segments de marché jusqu'alors inexploités, favorisant ainsi la prospérité à long terme dans le domaine du crédit à la consommation.
Les stratégies CAC varient en fonction de vos objectifs et de votre tolérance au risque
Il existe plusieurs stratégies d'acquisition liées aux modèles de VAN que les prêteurs peuvent mettre en œuvre pour améliorer la gestion du levier d'acquisition :
- Stratégie d’acquisition optimisée et axée sur les données: l’exploitation de données externes exhaustives sur les segments de clientèle permet aux prêteurs de prévoir la valeur actuelle nette (VAN) des acquisitions et d’identifier les clients susceptibles de générer des rendements positifs. Cette approche permet aux prêteurs d’ajuster avec précision le coût d’acquisition client (CAC) pour les nouveaux comptes, en l’alignant sur la VAN prévue de ces comptes.
Dans ce contexte, il est primordial de pouvoir concevoir facilement des flux de décision de crédit segmentés suivant une approche « en cascade », afin de vous assurer que vous n’engagez des coûts de données que pour les parties pertinentes de votre segment, au bon stade du processus de décision de crédit.
- Couche réseau: tirer parti des partenariats et des initiatives de co-branding avec les prestataires du commerce de détail et du commerce électronique permet de réduire les coûts d'acquisition en attirant naturellement de nouveaux segments de clientèle et en les fidélisant grâce à des offres de produits personnalisées.
- Segmentation sur mesure : des approches personnalisées, telles que des promotions, des canaux de communication et des messages adaptés à chaque segment de clientèle, permettent de renforcer l'engagement des utilisateurs et de nouer des relations solides.
L'adaptation de ces stratégies d'acquisition peut aider les prêteurs à s'aligner sur l'évolution des tendances du marché, en renforçant leur capacité à identifier les clients à forte valeur ajoutée et à nouer des relations durables, afin de jeter les bases d'une croissance future de leur activité.
La route qui nous attend
Dans le secteur du crédit, caractérisé par une évolution rapide et une forte concurrence, les prêteurs sont soumis à une pression constante pour affiner leurs stratégies en vue d’une croissance durable et rentable. Si les méthodes traditionnelles, telles que la notation de crédit et la tarification fondée sur le risque, ont joué un rôle crucial dans la gestion des risques et l’élargissement de la portée des portefeuilles, elles ne permettent souvent pas de cibler directement l’objectif ultime, à savoir l’amélioration de la rentabilité.
L'adoption de cadres de référence basés sur la valeur actuelle nette (VAN) marque un changement de paradigme dans les pratiques de crédit, comme en témoignent les acteurs les plus performants du marché. Ce passage d'une approche axée exclusivement sur la minimisation des risques à une approche mettant l'accent sur la maximisation des bénéfices constitue une étape stratégique majeure. Considérer chaque prêt comme un investissement permet aux prêteurs d'ajuster avec précision les leviers de rentabilité, ce qui leur permet de prendre des décisions qui concilient le risque et les rendements potentiels pour chaque décision stratégique.
L'accent mis sur la rentabilité ne diminue toutefois en rien l'importance de la gestion des risques. Au contraire, les cadres de référence en matière d'appétit pour le risque restent essentiels, car ils offrent une approche structurée permettant de définir les niveaux de risque acceptables et de garantir une marge de sécurité face à d'éventuelles pertes. Cet équilibre entre la gestion des risques et la prise de décision axée sur le profit sous-tend une culture de prise de risque prudente, qui est indispensable pour assurer la croissance d'un portefeuille de crédits solide.
Foire aux questions (FAQ)
Q : Qu'est-ce que le modèle de la valeur actuelle nette (VAN) dans le domaine du crédit et comment fonctionne-t-il ?
R : Le modèle de la valeur actuelle nette (VAN) considère chaque prêt comme un investissement, ce qui aide les prêteurs à évaluer la rentabilité tout en tenant compte du risque de défaut. En prenant en compte le prix du prêt, le coût du risque et le coût d'acquisition client (CAC), les prêteurs peuvent optimiser leurs décisions en vue de la croissance de leur portefeuille et de la génération de bénéfices durables.
Q : Comment les prêteurs peuvent-ils améliorer leur rentabilité au-delà des méthodes traditionnelles d'évaluation de la solvabilité ?
R : Au-delà des scores de solvabilité, les prêteurs peuvent s'appuyer sur des cadres décisionnels globaux qui intègrent l'analyse des flux de trésorerie, la tarification dynamique et l'optimisation du coût d'acquisition client (CAC). Cette approche permet d'augmenter le taux d'acceptation des demandes, de réduire les créances irrécouvrables et d'aligner les stratégies de crédit sur les objectifs de chiffre d'affaires à long terme.
Q : Pourquoi la stratégie tarifaire est-elle importante pour assurer la rentabilité des prêts ?
R : Une tarification efficace des prêts permet de trouver un juste équilibre entre le risque et la capacité de remboursement des clients. Une tarification en temps réel et par segment, associée à des structures de produits innovantes, aide les prêteurs à attirer une clientèle rentable tout en maintenant des taux d'intérêt compétitifs. La tarification dynamique garantit une croissance durable, même en période de fluctuations économiques.
Q : Quel rôle joue le coût d'acquisition d'un client (CAC) dans la rentabilité des activités de crédit ?
R : Le CAC a un impact direct sur la rentabilité des nouveaux emprunteurs. En s'appuyant sur des stratégies d'acquisition fondées sur les données, des partenariats et une segmentation ciblée, les prêteurs peuvent réduire le CAC, se concentrer sur les clients à forte valeur ajoutée et optimiser le rendement à long terme de leur portefeuille.
Q : Comment les prêteurs peuvent-ils aujourd'hui mettre en œuvre des stratégies de prêt rentables ?
R : Les plateformes décisionnelles modernes permettent aux prêteurs d'intégrer des modèles de valeur actuelle nette (VAN), d'automatiser les décisions en matière de risque et de tarification, et de mener des expériences sur différents segments. Cela leur permet d'optimiser en permanence leurs prêts en termes de croissance, de rentabilité et de valeur vie client. Demandez une démonstration pour découvrir comment la plateforme décisionnelle basée sur l'IA de Taktile peut contribuer à une croissance rentable pour les prêteurs.